Je suis actuellement à Hambourg.

Je participe à l’EFVP (European Forum of Visual Practitioners) avec 99 autres doux-dingues comme moi, qui adorent jouer du marqueur 🙂

L’un des intérêts de ce type d’événement sont les rencontres.

Hier matin, justement, j’étais dans un groupe dans lequel se trouvaient 2 personnes dont les parcours professionnels n’ont rien à voir avec la facilitation graphique : l’une s’appelle Mette, l’autre Fernando.

Mette est danoise. Par le passé, elle était juge, elle s’occupait de médiation.
Fernando est espagnol, vit en Allemagne. Il est traducteur.

J’ai posé une question toute bête dont je n’imaginais pas du tout l’impact qu’elle allait avoir sur moi, mais aussi sur mes interlocuteurs.

J’ai juste demandé « quel lien fais-tu entre ton ancien métier et le graphic recording…? »

Là, Fernando me dit « pour moi, les deux métiers sont très proches. En tant que traducteur, je passe d’une langue à une autre. A mon sens, le graphic recording, c’est exactement pareil : je dois TRADUIRE un propos dans une autre langue. Cette langue est constituée de mots et d’images…Parfois, je ne dois pas seulement traduire, je dois INTERPRETER ce qui est dit ou sous-entendu… »

Fernando a même précisé qu’il avait la conviction que c’étaient les mêmes zones de son cerveau qui s’activaient dans les 2 situations ! « en tous les cas, j’ai le sentiment d’activer les mêmes mécanismes dans les deux cas ».

Un truc s’est allumé en moi !

Il a tellement raison !

OUI ! c’est une langue que l’on apprend quand on met le doigt dans la Pensée visuelle !

On parle d’ailleurs de vocabulaire graphique et de grammaire visuelle !
Ce n’est pas un hasard !

Enfant, on apprenait des listes de mots anglais, des verbes irréguliers ainsi que la grammaire.
En Pensée Visuelle : on apprend des icônes et on met en place sa propre manière de mettre les éléments en place visuellement.

Et il y a un certains nombres de règles graphiques.

Ci-dessous, moi, en pleine séance de graphic recording avec Fernando 🙂

Quant à Mette…je me demandais bien quel lien elle allait réussir avec son ancien métier : Juge !
Mais elle n’a pas hésité une seule seconde !

« En tant que Juge, chargée des médiations » m’a-t-elle expliqué, « je devais continuellement aller au-delà des apparences, ne pas me contenter de ce que les gens me disaient mais comprendre au-delà des mots : les sous-entendus, les non-dits, parfois le non verbal. En graphic recording, c’est pareil. »

Elle ajoute « Si nous nous contentons des mots, nous pouvons passer à côté de beaucoup de choses : il y a, à mon sens, différents niveaux de compréhension d’un sujet. On peut rester en surface ou on peut creuser et découvrir de nouvelles choses, plus intéressantes à noter. »

Là, nous avons du arrêter notre conversation, faute de temps.
Mais Mette était très exactement en train de mettre le doigt entre graphic recording et facilitation graphique.

En graphic recording (ou en sketchnoting), nous sommes « simples spectateurs ». Nous ne prenons pas part aux échanges : nous retranscrivons le propos.

En facilitation graphique, nous avons cette posture qui justement nous permet de questionner le groupe pour « creuser » et aller au delà des mots.

Voilà, c’était un petit retour de mon expérience à Hambourg !

J’espère que ces échanges t’auront fait vivre un petit peu par procuration la richesse de ces rencontres entre Facilitateurs Graphiques !

D’une part, ça te permet de voir que les profils de facilitateurs graphiques sont très variés (et parfois assez inattendus !) et que chacun vient « comme il est » !

D’autre part, j’espère que ça te confirme que tu es tout à fait légitime pour pratiquer la Pensée Visuelle !

Allez, et comme je parlais de « questionner », aurais-tu quelques instants à me consacrer pour m’aider à écrire la suite de l’aventure Sketchnotes : Facile ?!

Ce serait vraiment gentil de ta part !

Voici le questionnaire : https://goo.gl/forms/zIO9pKSO0FpRz9Qq2
ça te prendra quelques minutes et ça m’aidera à encore mieux te servir dans les mois à venir !

Merci par avance !

Béatrice